
A Dream with Demons
A Dream with Demons est un hypertexte de fiction d’Edward Falco créé avec le logiciel Storyspace (Eastgate). L’interface de navigation fournit plusieurs options pour s’orienter et se déplacer dans l’oeuvre: flèches permettant de progresser linéairement (avant-arrière) dans une même strate de texte; flèches permettant au contraire de plonger (haut-bas) dans des strates inférieures; tables des contenus présentées sous la forme de chartes, d’esquisses, de cartes ou d’arbres; historique réinitialisable des lexies consultées; table des liens pour chaque lexie; notes et signets conservés d’une session de lecture à l’autre; localisateur de lexies; outil de recherche dans le texte; options de visualisation des fenêtres en cascades ou en tuiles; etc.
Le récit lui-même, d’une facture résolument postmoderne, s’articule en trois strates différentes. L’intrigue principale, la première à laquelle le lecteur accède, raconte le triange relationnel destructif qui s’instaure entre un peintre, Val, son amante Elaine, et la fille adolescente de cette dernière, Missy. Val est un alcoolique qui bat Elaine, tout comme le faisait le père de cette dernière, et qui abuse sexuellement de Missy; Missy craint pour la vie de sa mère et s’enfonce toujours plus dans la drogue. Juste en-dessous de cette première intrigue, en descendant d’une strate, le lecteur découvre les angoisses de Preston Morris, l’écrivain fictif auteur de la première intrigue. Celui-ci essaie de faire sens de sa séparation, de l’éloignement de son fils, des souffrances qu’il a infligées à sa femme et qui lui ont été infligées à lui-même dans son enfance. Surtout, il ne parvient pas à comprendre pourquoi il ressent le besoin de faire revivre ces souffrances aux personnages de ses romans: “Why do I write such ugliness?” Finalement, dans la dernière strate du texte, la plus profonde, Falco déconstruit la figure de Morris pour laisser le lecteur face à lui-même, à ses propres démons: “In the end, who’s left then? Only you / You in your own space / With these words before you”. Bref, tous les personnages de Falco se battent contre la répétition des cycles destructifs qui les ont marqués plus jeunes et qu’ils semblent condamnés à reproduire. Le suicide de Val vers la fin de l’intrigue principale semble apporter l’espoir d’une résolution, mais l’absence d’écho de cette dernière scène dans les autres strates de l’hypertexte renvoie au caractère illusoire de cette résolution et à l’impossibilité réitérée de briser le cycle.
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NT2